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La « maison »

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Le corps de logis :

C’est un bâtiment rectangulaire de 32 x 11 m composé d’une partie très ancienne ( 23 x 8 m ) et d’une partie plus récente prolongeant la base ancienne au nord, au sud et à l’ouest. La base ancienne dominée par une cheminée sarrasine est conforme à la structure traditionnelle d’une grande habitation paysanne avec une pièce principale de 40 m² ( appelée « maison » ), trois pièces annexes plus petites, juxtaposées dans la longueur du bâtiment et une cave, ce qui n’est pas des plus fréquents en Bresse.

Les pièces annexes servent l’une, de repli pendant l’hiver ( chambre du poêle ) ; l’autre, d’endroit pour la préparation et la conservation des produits laitiers et de certains aliments ; une autre encore de chambre à coucher pour le maître de maison ou pour les filles ( les garçons couchaient généralement à l’étable avec les domestiques ).

La vie dans la « maison » :

On peut se demander pourquoi on avait fait le choix de donner à cette pièce une telle importance alors que l’essentiel de la vie de famille semble s’organiser autour (voir la page concernant « le corps de logis »).

En fait cette pièce fait essentiellement office de salle de réception et la maisonnée qui pouvait être nombreuse avec valets, bergers, bonnes, avait plaisir à s’y retrouver pour de longues veillées au coin du feu en accueillant souvent les membres des familles voisines. Mais la convivialité, même si elle était effective, n’était pas le mobile principal de ces veillées. Celles–ci avaient pour but premier la continuité du travail de la ferme dans toute sa diversité et il était important que les choses soient ainsi. C’est par exemple au cours des veillées que deux à trois familles se réunissaient pour égrainer le maïs, peler les grains de courges nécessaires à la fabrication de l’huile ou encore filer le chanvre, matériau indispensable qui permettait de fabriquer la toile, les habits, les filets, les lacets et plein d’autres éléments de la vie quotidienne qu’à l’époque on n’allait pas chercher dans les commerces du coin.

La « maison » pouvait être aussi le théâtre d’importantes négociations dont celle hautement ritualisée de la demande en mariage. Et lorsque le chef de la maisonnée invitait le prétendant qui n’en menait pas large à y pénétrer et à venir s’asseoir à ses côtés sur « l’archebanc », alors ce dernier avait tout lieu d’être rassuré sur la tournure qu’allait prendre les événements. Ensuite, les « courtisailles » pouvaient commencer et elles se terminaient longtemps après, chez le notaire, par les « accordailles ».

La configuration de la « maison » :

Cette pièce d’habitation principale est en cohérence avec l’usage à la fois convivial et utilitaire qu’on en avait. Elle est la plus grande des pièces du logis. Sombre, elle est néanmoins animée et réchauffée par le vaste foyer de la cheminée sarrasine ( 3m x 3m ) ; ce type de chauffage dit « chauffe au large », très archaïque, rappelle celui de la hutte gauloise : le foyer est creusé à même le sol de terre battue ; la fumée s’échappe librement jusqu’au plafond ; le conduit de forme pyramidale prend appui sur les solives du plafond, traverse le grenier et se termine hors du toit par une mitre remarquablement façonnée.

Le mobilier de la « maison » est à l’avenant ; il sera des plus rudimentaires jusqu’à la fin XVIIIème siècle avec une longue table de chêne accompagnée de deux bancs sans dossier, le traditionnel « archebanc », siège à haut dossier, paré de deux coffres sur les côtés ( littéralement « arche » signifie « coffre ») et placé devant le foyer contre le mur de refend ( seuls les personnages importants de la maisonnée, dont les anciens, avaient le droit de s’y asseoir ! )

Par la suite, au cours du XIXème siècle, le mobilier de la « maison », utile mais aussi exposé au regard du visiteur, s’est étoffé et enjolivé en même temps, avec l’apport d’armoires, d’un vaisselier, d’une horloge violonnée, autant d’éléments qui traduisaient une amélioration significative du niveau de vie dans le monde paysan, en Bresse comme ailleurs. Ces meubles étaient d’autant plus indispensables que les murs en pans de bois et torchis ne favorisaient pas l’aménagement de placards. La beauté de leur style tient essentiellement à l’opposition des bois entre d’un côté le corps des meubles fait avec des essences foncées et solides (chêne, poirier, noyer) et de l’autre les panneaux en loupe d’orme ou de frêne que l’on trouvait en quantité dans le bocage environnant.


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