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Le Folklore

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Les autrichiens à Viriat

I

Coumère, vin me va cheticha
Ze vu te conto ne chaqua,
Neutron gachon nous a écrit
Qui se bative en Etalie,
Avouai ces ladrous d’Autrichiens
On dit qué ye de vra gourmain.

II

I nous écrit que tie que l’in pacho
L’in tout minzia, tout avalo :
L’in bin minzia tui leu poule
A pi leu joué san leu frecache :
Si venivon dedin neutron Veria,
I minzerin tui neutreu cailla.

III

Peuvra coumère, teu bin vra va ?
Vou me féte tou dressi lou pa.
Quin vou parlo de ces moudou tie,
Quemin i chon gourmain de poule,
Mai, qu’ai na che brava couvo de poulatons
M’in laisseront-i bin po ion ?

IV

Mon compére Denis m’a chouvin raconto
Quemin ces diablou tie chont avarmô.
L’in bin minzia tui yeu neurin,
Le quatrou cièvre, pi lou bouquin
Che la cavala fusse po apré poulounô
I l’aron bin oncoure avalô.

V

Lou premi co qui chon venu à Veria,
L’in tout voulô, l’in tout pellia.
L’in pris meu cabeu, meu choulard,
Mon boune de né, pi mon cemezar.
Che qu’a lou mé fôcia neutron Jouzé
Cé que l’in minzia chon pelieré.

VI

Coumére, vou devo bin vou focié
Què vous éte vio cé ladrou tie,
Preni leu pelieré, leu devinti :
E na que cin que vous fasse plaisi.
Che ze n’ava tenu lou bousson de neutron Jean
I velion prindrè ce qui avé dedans.
I

Commère, viens me voir ce soir
Je veux te conter quelque chose.
Notre garçon nous a écrit
Qu’il se battait en Italie,
Avec ces ladres d’Autrichiens
On dit que ce sont de vrais gourmands.

II

Il nous écrit que là où ils ont passé
Ils ont tout mangé, tout avalé :
Ils ont bien mangé tous les poulets
Et puis les œufs sans les faire frire.
S’ils venaient dans notre Viriat,
Ils mangeraient tous nos fromages blancs.

III

Pauvre commère, est-il bien vrai ?
Vous me faites dresser les cheveux
Quand vous parlez de ces gens-là.
Comme ils sont gourmands de poulets,
Moi qui ai une belle couvée de petits poulets,
Ne m’en laisseront-ils bien pas un ?

IV

Mon compère Denis m’a souvent raconté
Comme ces diables-là sont affamés.
Ils ont bien mangé tous ses petits porcs,
Les quatre chèvres, puis le bouc.
Si la jument n’avait pas été après mettre bas
Ils l’auraient bien encore avalée.

V

La première fois qu’ils sont venus à Viriat,
Ils ont tout volé, ils ont tout pillé.
Ils ont pris mes sabots, mes souliers,
Mon bonnet de nuit, puis mon chemisard.
Ce qui a le plus fâché notre Joseph
C’est qu’ils ont mangé son tablier de peau.

VI

Commère, vous deviez bien vous fâcher
Quand vous avez vu ces ladres-là
Prenant les tabliers de peau, les tabliers de soie,
il n’y a que ça qui vous fasse plaisir.
Si je n’avais tenu la bourse de notre Jean
Ils voulaient prendre ce qu’il y avait dedans.
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