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Le Folklore

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La feille de Crô

I

On dit que dê lou bour de Crô
De feille è n’en a pô mô
Pi qué y en a
De côsi toute le rède.
Que vedront se mariô
Mé nion ne le demede

II

De magnats s’été rasséblô
A le z’ébaude y chont allô
L’y chont allô.
Ve na balla pi accuerta
Et l’y creyé : Toineon,
Uvre nous don tapeurta ?

III

La Toineon leu ja repondu :
Magnats, sayô leu bienvenu.
De vu uvri,
Mé preni un peu pôchieche,
De n’a qu’on coutellion
Pi meu chabeu à prèdre.

IV

On co ètrô, l’ont y mamô
Mé cè ne se démède pô ;
Et que l’uront
Raflô toute se jalagne,
L’y dessiront : Toineon
Nous moudin à Sôchagne.

V

La Toineon leu vayé moudô
Sé l’y parlô de la mariô,
Sè déjouli
Bin tè que, de la chemonna
On ne la revit pô
Débournô de sa chombra.

VI

E ye pre cè qué ne fô pô,
Zeune feille tein de mariô,
Trou vous feyô
A cé courtijon pe rize
Que ne font que dardeô
La nai, pe le sharize.

I

On dit que dans le bourg de Cras
Des filles il n’y en a pas mal
Puis qu’il y en a
De quasi toutes les tailles
Qui voudraient se marier.
Mais personne ne les demande.

II

Deux jeunes gens s’étaient rassemblés
Aux ébaudes ils sont allés
Ils sont allés
Chez une jolie et accorte
En lui criant : Toinon,
Ouvre nous donc ta porte ?

III

La Toinon leur a répondu :
Jeunes gens, soyez les bienvenus
Je veux ouvrir,
Mais prenez un peu patience,
Je n’ai qu’un cotillon
Puis mes sabots à prendre.

IV

Une fois entrés, l’ont-ils embrassée ?
Mais ça ne se demande pas ;
Et quand ils eurent
Râflé toutes ses noisettes,
Lui dirent : Toinon,
Nous allons à Chassagne.

V

La Toinon les voyant partir
Sans lui parler de mariage,
S’en désola
Bien tant que, de la semaine,
On ne la revit pas
Sortir de sa chambre.

VI

C’est pour ça qu’il ne faut pas,
Jeunes filles, en âge de vous marier
Trop vous fier
A ces prétendants pour rire
Qui ne font que se promener
La nuit, par les charrières.

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